
Jean-Jacques GIR..., un nom porteur d'histoires et de mémoires familiales.
Il porte une partie du prénom de son père et l'autre du prénom de son grand-père, disparu lorsque son père avait dix ans.
Ce grand-père décédé laisse une empreinte forte, une mémoire de fantôme qui semble hanter Jean-Jacques dans les symptômes qui l'amènent à consulter.
Jean-Jacques Gir.. "Gir" comme "gésir", mourir, reposer en paix. Une symbolique troublante, renforcée par le fait qu'il est un enfant de remplacement.
Avant lui, sa mère a perdu un enfant à sept mois de grossesse. Ainsi, Jean-Charles porte en lui le syndrome du survivant.

Tous les dix ans, un accident survient : voiture, parapente... Un écho à son grand-père, mort lorsque son fils avait dix ans. Un destin qui semble se répéter, comme une fatalité. Il ne se sent pas légitime, peine à prendre sa place.

Sa passion pour les minéraux est une autre énigme. Il aime les pierres, en particulier les fossiles, les arbres fossilisés comme l'arbre à singes, aussi appelé "désespoir du singe".
Un arbre qui emprisonne ceux qui s'y aventurent... Jean-Jacques aussi semble pris au piège de son arbre généalogique, portant sur lui la lourde mission de donner une place à tous les morts de sa lignée.
Le parapente, une autre passion, comme un besoin de ramener les morts aux cieux.
Deux accidents majeurs, deux pertes de conscience marquantes. À chaque fois, une vision : une femme sur une rive opposée, accompagnée d'un Husky, qui lui intime de faire demi-tour.
Sa carrière est aussi un fil conducteur de son histoire : pépiniériste, il plante et fait pousser, cherchant peut-être à donner un aboutissement à cet enfant disparu. Charpentier ensuite, comme pour restaurer une structure, une sécurité qui a manqué après la disparition de son grand-père.
Aujourd'hui, il vend des pierres, une étrange résonance avec la pierre tombale.
Peut-être est-il temps pour Jean-Jacques de rendre à chacun sa place. Pour cela, trois rituels peuvent l'aider :
Faire grandir une plante, la soigner et la déposer près d'un arbre, en hommage à l'enfant perdu.
Prendre du bois fossilisé, une pierre fossile, et la rendre à la terre en pensant à son grand-père.
Laisser s'élever un ballon ou un objet léger vers le ciel, symbolisant le bébé de sept mois à qui une place doit être rendue ailleurs que dans son propre corps.
Jean-Jacques porte une lourde charge. Mais en posant ces gestes symboliques, peut-être pourra-t-il enfin trouver légèreté et paix. Et peut-être que ces fourmillements qu'il ressent parfois sont une stratégie que son cerveau a mise en place pour le protéger, pour lui rappeler qu'il est bien vivant, lui qui, depuis sa naissance, est confronté à l'idée de la mort.
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